Les 1 000 premiers jours de l’enfant

Beaucoup de choses se jouent pendant les 1000 premiers jours, mais tout ne s’y décide pas.

Les 1000 premiers jours : qu’est-ce que c’est ?

Depuis la grossesse où le fœtus commence à interagir avec son environnement jusqu’au moment où l’enfant prononce ses premières phrases, une partie considérable de son développement est en jeu. Les 1 000 premiers jours correspondent à la période comprise entre le 4e mois de grossesse et les deux ans de l’enfant.

Les 1 000 premiers jours sont caractérisés par un rythme de croissance sans équivalent à l’échelle d’une vie : le bébé grandit de deux centimètres par mois, la taille de son cerveau est multipliée par cinq et les connexions neuronales s’y établissent à la fréquence de 200 000 par minute.

Cette période de développement très importante est aussi une période de grande vulnérabilité pour l’enfant, durant laquelle les influences extérieures peuvent avoir un effet durable.

Compte tenu des nombreuses études scientifiques menées, les besoins de l’enfant sont désormais bien identifiés, connus. Pouvoir y répondre est important pour son bon développement, son épanouissement. Vous accompagner en tant que parent-s pour satisfaire les besoins de votre enfant est tout aussi important. On sait combien il peut être difficile de devenir parent. Des enquêtes récentes révèlent que 93 % des parents déclarent rencontrer des difficultés pour alimenter leur enfant de 0 à 3 ans, qu’ils sont plus de la moitié à trouver qu’il est difficile d’être parent, et autant à chercher régulièrement des réponses à leurs interrogations sur les réseaux sociaux.

  • Avoir quelques repères peut être facilitant,
  • Connaître les lieux où recevoir soutien et conseil peut être sécurisant,
  • Ne pas rester seul-e face à vos inquiétudes peut être nécessaire,
  • Et vous faire confiance, ou retrouver votre confiance en vous, est essentiel.

Quelques repères

  • Le site « Naître et grandir » propose des repères dans le développement de l’enfant (stades du développement / alimentation / activités  / soins et bien-être / apprentissages et jeux…)  : https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/
  • Le rapport « les 1 000 premiers jours » paru en sept 2019 est issu des travaux d’une commission installée par Emmanuel Macron pour réfléchir à une nouvelle politique publique en faveur des 1 000 premiers jours. Composée de 18 experts, cette commission a formulé des propositions au gouvernement. Vous pouvez le consulter : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport-1000-premiers-jours.pdf

Nous vous proposons ci-dessous des extraits de ce rapport :

Dès la naissance, les bébés apprennent et s’intéressent à ce qui les entoure, d’abord grâce au soutien de leurs parents et d’autres adultes atten­tionnés, puis en étant de plus en plus autonomes.

Les bébés sont curieux. Prêter attention à leurs initiatives et leurs émotions, et enrichir leur environ­nement sont des attitudes cruciales pour le dévelop­pement de leur intelligence. Jouer, chanter, raconter des histoires, faire la lecture, favoriser des rencontres d’éveil culturel et artistique, et avec la nature sont essentiels au développement de l’enfant parce que ces activités immatérielles et intrinsèquement sociales soutiennent l’attention du bébé et l’aident à repérer les contextes, les personnes et les récurrences utiles (comme celles du langage ou des lois naturelles).

Les bébés ont besoin de voir leurs parents dans la journée, suffisamment longtemps chacun, dans un temps calme, non limité aux repas et aux changes.

La proximité physique et le portage peau-à-peau ne s’opposent pas au développement affectif et au processus d’autonomisation de l’enfant ; au contraire, elles le favorisent, et peuvent avoir des effets particulièrement bénéfiques pour les enfants, notamment de faible poids de naissance.

L’écran ne remplace pas l’interaction avec l’adulte et l’exposition à un écran doit être réduite au minimum nécessaire (par exemple pour communiquer avec un proche lorsqu’il est en déplacement ou qu’il vit loin) et remplacée par des interactions ludiques, culturelles, artistiques, par des activités à l’extérieur etc.

Le sommeil est un élément clé de l’appren­tissage. Les siestes sont à favoriser. Assurer durée, régularité et qualité du sommeil nocturne est essentiel.
Améliorer le sommeil des enfants (et des parents) est une mesure efficace pour améliorer le bien-être familial et le développement physique, émotionnel et cognitif des enfants.

L’allaitement est bénéfique à la santé physique et au bien-être affectif et cognitif de la mère et de l’enfant. Il faut que chaque femme qui le souhaite puisse allaiter dans les meilleures conditions.
Allaiter ou ne pas allaiter doit relever d’un choix de la mère. L’implication du partenaire et de l’entourage est à favoriser afin d’anticiper un soutien après la naissance.
L’allaitement au sein ou au biberon d’un bébé, et en général les repas, doivent être des moments d’échange et d’interaction.

L’exposition à l’alcool, aux perturbateurs endocriniens, métaux lourds et autres toxiques est porteuse de troubles neuro-développementaux pour l’enfant et d’une augmentation de certaines maladies non transmissibles pour l’adulte.

L’interaction de l’enfant avec les personnes et le monde qui l’entourent favorise son développement cognitif et affectif

Le développement du cerveau humain est complexe et son poids passe de 400g à la naissance à 1 400g chez l’adulte. Mais la croissance la plus spectaculaire se déroule pendant la fin de la grossesse et les deux premières années de vie. Dans ce cadre, le rôle des parents par la primo-éducation qu’ils apportent et l’environ­nement qu’ils créent autour de leur bébé est capital.

Les enfants apprennent les caractéristiques de leur environnement et de leur culture grâce à des réseaux cérébraux structurés.

Les enfants ont une appétence sociale dès la naissance avec une préfé­rence pour les stimuli sociaux : visages et corps humains, mouvements biologiques, voix, comportements qui leur sont adressés, etc. Ils sont attentifs lorsque les adultes leur parlent et vocalisent plus souvent lorsque les adultes parlent autour d’eux. Dès 4 mois au moins, ils ont compris que la parole sert à transmettre une information et à exprimer des émotions.

Dès 7 mois, ils sont sensibles à la conformité au groupe et à l’aide apportée entre membres du même groupe.

À 18 mois, les enfants peuvent aider de façon efficace et altruiste. Les jeunes enfants sont donc rapidement des acteurs du monde social, particuliè­rement motivés pour y participer. Ils formulent des messages inventifs en direction des adultes : des sons vocaux puis des mots et phrases, des mimiques et des gestes en lien avec leurs expériences.

Les capacités du bébé sont immenses et sa curiosité pour explorer le monde doit être soutenue par les échanges avec les parents et les autres adultes.

Le développement des interactions sociales et de l’attachement : une co-adaptation entre le bébé et ses parents

Les premiers apprentissages sociaux, émotionnels et cognitifs dépendent fortement des échanges et des liens d’attachement forts et sécures qui s’établissent entre le bébé et ses parents. Malgré sa motricité immature, le bébé est, dès la naissance, capable d’une gamme d’expressions émotion­nelles communicatives : sourire, regard intense orienté, vocalisations. Cette expressivité organisée est relationnelle dans le sens où le comportement du nouveau-né devient expressif lorsqu’il est en présence d’autres personnes.

Tous ces signaux, lorsqu’ils sont relevés, même de manière implicite et inconsciente, génèrent en retour un sentiment positif de motivation sociale chez l’adulte qui répond au bébé en lui parlant, en souriant et en le touchant. Cette synchronie des interactions parents-bébé est une source de plaisir pour l’adulte et pour le bébé et enclenche le cercle vertueux de la communication.

Le nourrisson s’attache aux personnes qui répondent rapidement, chaleureusement et de la façon la plus adéquate possible à ses comportements. Ce lien d’attachement sécure est un important facteur de protection pour assurer le développement, la santé mentale et physique de l’enfant à court et long terme. Il y a des différences inter-individuelles entre parents mais aussi entre bébés, ce qui nécessite une co-adaptation.

Trouver le bon rythme avec son bébé, à travers l’accordage affectif, la parole, le regard ou le toucher, permet la qualité de l’attachement et des relations sociales qui persisteront tout au long de la vie.

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande le contact peau-à-peau parent-bébé après la naissance (dispositif kangourou) notam­ment lorsque l’enfant présente un poids inférieur à 2,5 kg.

Le contact physique favorise la régulation de la température corporelle29, et permet aussi une synchronisation du rythme cardiaque.30 Au-delà de l’aspect purement physiologique, cette proximité physique favorise la co-régulation des émotions du jeune enfant grâce à l’ajustement du parent à l’état dans lequel se trouve le bébé.

Tous les parents adaptent leurs actions aux compétences cognitives, à la curiosité et à la motivation sociale du bébé. Ces comportements adaptatifs sont caracté­risés par un degré important de répétition et de redondance, les rendant plus prévisibles pour le bébé. Des boucles vertueuses se mettent en place où les apprentissages progressifs tissés dans les liens avec les parents, renforcent ces liens et permettent des nouveaux échanges plus complexes élargissant et enrichissant les possibilités d’apprentissage.

La socialisation est donc un processus bidirectionnel, avec une part active de l’enfant, mu par le désir de connaitre le monde dans lequel il a sa place, et renforcé par le plaisir des parents à voir leur enfant progresser.

Les bébés apprennent par le langage et le jeu : l’importance cruciale du langage dès la naissance

Le langage est un des vecteurs essentiels de l’apprentissage conceptuel. Pour être efficace, il faut que le bébé maitrise trois niveaux : le niveau social (à qui je parle), le niveau conceptuel (ce que je dis) et le niveau linguistique (la manière dont je le dis dans ma langue).

Les bébés ont non seulement du plaisir à écouter la voix et à échanger avec une personne familière mais ils comprennent très vite que la parole explique quelque chose du monde qui les entoure. Nommer un objet attire donc l’attention du bébé vers cet objet et lui permet de mieux comprendre ses propriétés et de les mémoriser. Cette utilisation du mot pour organiser le monde existe dès la première année donc bien avant que le bébé produise des mots.

Le langage est le premier outil pédagogique permettant au bébé de comprendre le monde naturel et culturel dans lequel il évolue.

Ce sont d’abord les sons qu’utilise la langue qui sont appris avant de comprendre le sens des mots et des phrases. Mais déjà à 6 mois, le nourrisson comprend quelques mots comme son nom, « papa », « maman », « dors »; à 1 an, il comprend une cinquantaine de mots (contre une dizaine produits) et est sensible à la distinction noms-verbes ; à 3 ans, 1000 mots (contre 500 produits) et les principales structures grammaticales sont en place ; et en maternelle, les enfants apprennent environ 10 mots par jour pour atteindre 10 000 mots en compréhension à 5 ans.

La variété et la richesse du vocabulaire ainsi que du type de phrases, les encouragements et les commentaires positifs sont associés à un meilleur développement du langage.

La lecture et le récit d’histoires exposent l’enfant à de nouveaux concepts avec un vocabulaire plus riche, des structures de phrases plus élaborées que dans la vie quotidienne. Ce sont donc des activités très efficaces pour enrichir le langage.

Dans les premières années de sa vie, l’enfant a besoin de multiplier les expériences ludiques et de les répéter. Le jeu libre, initié par l’enfant est au cœur de son développement et lui permet de construire une compréhension de plus en plus fine du monde et de son environnement. Par les essais-erreurs que permet le jeu, le jeune enfant organise sa pensée en répétant ses expériences passées et en mimant des histoires/situations pour en explorer les devenirs possibles. Les temps de jeu peuvent se faire autour de jouets, de livres, de comptines mais aussi au moment des temps de change, de repas, etc.

Les jeux initiaux préparent l’enfant aux jeux plus élaborés en solitaire et avec les pairs, impliquant l’exploration, l’imagination, la planification, la compétition et la collaboration.

Attention aux écrans : plus que les écrans en soi, c’est leur utilisation trop longue, à des moments importants (réveil, coucher, pendant les repas) ou comme moyen de calmer l’enfant qui est contre-productive pour les jeunes enfants.

« Il faut tout un village pour élever un enfant »

En jouant dans la nature et avec la nature, les enfants développent leur curiosité, leur imaginaire, leur vocabulaire, leur dextérité motrice, etc. Le contact avec l’environnement naturel a des effets directs sur les apprentissages, notamment grâce aux effets sur l’attention, la baisse du stress, la joie, et la motivation. Le jeu en extérieur et en pleine nature permet les jeux de groupes plus facilement qu’à l’intérieur, est bénéfique pour le développement émotionnel et social des enfants, le suivi des règles collectives, l’intégration du point de vue des autres.

L’éveil culturel et artistique recouvrent un champ varié allant des activités spontanées traditionnelles retrouvées dans toutes les cultures (histoires contées, chansons enfantines) aux propositions de créateurs d’actions cultu­relles destinées aux tout-petits (spectacle vivant, lectures professionnelles, concerts). De nombreuses études démontrent notamment les effets positifs de la lecture à voix haute impliquant les parents et les jeunes enfants.

Dans le domaine musical également, certains effets positifs pour le déve­loppement cognitif et social sont aujourd’hui bien connus. Les bébés sont attentifs aux propositions musicales et en perçoivent la complexité sonore. La structure hiérarchique de la musique, son rythme et sa périodicité, son impact émotionnel et son caractère universel en font un des meilleurs véhicules de partage émotionnel et social, engendrant plaisir individuel et attachement aux autres.

Les bébés sont également très sensibles au chant. Il permet de soutenir l’éveil et l’attention du bébé, de réguler ses émotions, et de développer son sentiment d’appartenance au groupe.

Les 1 000 jours sont le nom d’une politique publique ambitieuse, inédite, qui regarde en face l’origine des inégalités de destin et nous savons que ces inégalités se nouent avant même la naissance de l’enfant. Les 1 000 premiers jours sont donc essentiels, pour son développement mais aussi pour la santé globale de l’adulte qu’il deviendra.

Le ministère des Solidarités et de la Santé est celui qui prend soin des Français, du premier au dernier souffle. Veillez à ce que chaque enfant puisse s’éveiller et s’épanouir dans les meilleures conditions, c’est le devoir d’une société et c’est une promesse du pacte républicain.
Contre le fatalisme glacial des statistiques, les 1 000 jours sont là pour redonner du sens et de la force à cette promesse d’égalité.

Olivier Véran
Ministre des Solidarités et de la Santé

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